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perfectionné par des institutions qu il osevanter, tantôt comme un don de la divinité,tantôt comme la plus belle des conceptions,l’homme s’arme contre l’homme son sem-blable; il va l’attaquer dans des pays loin-tains, incendie ses villes, ravage ses cam-pagnes , et le réduit à une misère désespé-rante. Est-ce donc à la nature qu’il faut attri-buer cet excès de férocité? Aurait-elle étéplus ingrate pour l’homme que pour les autresanimaux ? Cette fureur ne serait-elle pas aucontraire le fruit amer de nos institutionset de nos gouvernemcns qui nous dépraventet qui nous divisent?
Je conçois que des tribus de sauvages sefassent la guerre pour s’approprier la pêched’un lac, la chasse d’une forêt : ils sont pla-cés entre la guerre et la famine, ils doiventse battre on périr. Mats nous, Français, An-glais, Allemands,Italiens, Espagnols, Russes,pourquoi nous faisons-nous la guerre? Lanature nous a donné à tous de quoi satis-faire abondamment nos besoins ; elle nous adonné même des moyens d’échange pouraugmenter mutuellement nos jouissances , et