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res et de les avoir ainsi réduites à un état dedétresse tellement extrême, que quiconque pos-sède encore de quoi vivre, ou végéter, est as-siégé dans sa demeure , assailli dans les rues, ousur les routes, par des troupes d’affamés, quicommandent plus-tôt, qu’ils ne sollicitent l’au-mône ; vainement la charité publique s’épuisepour soulager tant de misères ; la masse en estsi grande, que tous ses efforts ne saur aient ysuffire. On vit donc dans de continuelles alar-mes sur les excès, auxquels peuvent se livrer, àtout moment, les malheureux pressés par la faim,et sur lesquels l’autorité est sans force , parceque, dans d’autres circonstances, elle les avaitelle même excités et payés, du moins beaucoupd’entre eux, pour commettre de graves désor-dres, et que pour cette raison elle doit les crain-dre et ménager, au lieu de les contenir et, lecas échéant, les faire punir. C’est ainsi que ré-cemment des individus, traduits devant la courd’assises d’une de nos provinces, pour avoir pilléet saccagé des maisons , dont les propriétairesétaient taxés d’Orangisme, furen t condamnés cha-cun à sept florins d’amende; le Jury, tout en re-connaissant les faits comme constants , ayant dé-claré : qu'ils avaient été commis sans violence.Ce fut sans doute alors pour la première foisque la populace a pu piller et saccager, sansuser de violence. L’influence, qui a dicté ce