villes, que dans les campagnes, leurs rapportseussent été bien différens de ceux que transmet-traient les agens de la France et de l’Angleterre,intéressés à cacher le véritable état des choses.
Mais pour n’agir qu’avec une parfaite con-naissance de cause, il fallait procéder avec unesage lenteur, ce qui, pour notre malheur etpeut-être pour celui de l’Europe, n’eut pas lieu,puisque, déjà dans sa seconde séance, la Confé-rence reconnut l’indépendance des provinces in-surgées.
Par cet acte les plénipotentiaires ont tranchéune question d’une portée immense ; ils ont àla fois annullé le traité constitutif du Royaumedes Pays-Bas (la seule partie des oeuvres duCongrès de Vienne, qui avait à peu près ob-tenu l’assentiment général de l’Europe) et celuid’Aix la Chapelle, qui avait pour objetde rendreinviolable l’existence et l’indépendance des Etatsqui composent la société Européenne. Ils onten même tems sanctionné la plus inouie , la plusinfâme des révoltes et ont assigné par cette sanc-tion une place dans le droit public au principeinsurrectionnel, qui désormais est autorisé à seprévaloir, et se prévaudra sans faute de l’hom-mage que les délégués des grandes Puissanceslui ont rendu. Enfin en sacrifiant par cet acteles droits d’un Roi indépendant et en compro-mettant de la manière la plus grave l’avenir de