175
par les appels successifs de suppléans. Or commedans le plus grand nombre des provinces leslistes de ceux-çi durent être épuisées, par suitedes démissions multipliées données par les mem-bres de l’assemblée, il. advint que beaucoup desderniers supplians y allèrent siéger en vertu dequinze à vingt votes qu’ils avaient obtenus, tandisqu’il en fallait plusieurs centaines aux titulairesprimitifs (les élections ne se faisant qu’à un dégré)pour être admis comme membre du congrès.
Nous devons faire remarquer que le systèmede faire nommer par une seule et même opé-ration électorale les titulaires et les supplé-ans fut établi par la ligue, pour éviter les in-convéniens qu’elle redoutait des convocationstrop fréquentes des assemblées des électeurs, àqui en effet l’idée aurait pu fort-bien venir des’occuper d’autres choses que des nominationsqu’on les eut chargés de faire. On peut doncdire avec vérité, d’après ce que nous venonsd’établir, que vers la fin, c’est à dire à l’épo-que où le Prince Léopold fut nommé, la ma-jorité du congrès ne représentait plus mêmeune faction. Et l’impudent ligueur, qui étaità la-tête de la députation chargée d’offrir à cePrince la couronne a osé dire: qu’il venait lalui offrir au nom de quatre millions de Belges!Il était réservé à notre époque et à un deschefs, de la ligue, de.faire à ce point violence