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mée. Aussitôt que les troupes avaient pris autourde quelque village une position momentanée,elles se débordaient comme un torrent sur lesmalheureuses habitations offertes à leur rapa-cité : boissons, comestibles, meubles , linge,vêtemens , tout en un mot disparaissait à l’ins-tant. Un village où l’on avait campé ne présen-tait plus, lorsqu’on le quittait le lendemain ,qu’un vaste amas de ruines , et on peut dire dedécombres, autour desquelles se trouvait dis-persé tout ce qui avait servi à l’ameublementdes maisons. Les environs, ordinairement cou-verts des moissons les plus riches , paraissaientavoir été abîmés par un déluge de grêle, et lesplaces des feux de bivouacs , noircies et éparsesau milieu de ces moissons et des prairies ré-duites en litière, figuraient des lieux frappés dela foudre.
Au moment du départ, les habitans plongésdans le silence, des femmes éplorées, des en-fans demi-nuds et saisis d’effroi, sortaient paressaims de leurs asiles et venaient parcourir leurschamps dévastés pour y reconnaître les meu-bles , les vases et autres effets qui leur avaientappartenus, et pour en recueillir les débris.
11 résulta des informations prises, que les