(5)
se baigner dans le sang, il presse avec une in-croyable activité la formation des armées.
De toutes parts des troupes se lèvent, se réu-nissent , et partent pour les frontières ; les régi-mens se complètent de prisonniers rentrés ;d’hommes en retraite, de nouvelles levées ; lesgardes nationales s’organisent. De l’artillerie ,des armes de toute espèce, des équipages sor-tent comme par enchantement des arsenaux etdes atteliers , et, en peu de jours, la France esttransformée en un vaste camp. Tandis qu’unepremière et nombreuse armée file vers la Belgi-que , d’autres se l'assemblent en Alsace, en Lor-raine, en Franche-Comté , du côté des Alpes etdes Pyrénées.
Malgré les protestations réitérées de Buona-parte, qui mettait tout en œuvre pour persua-der qu’il ne voulait que la conservation de lapaix, les Puissances de l’Europe connaissaienttrop bien le caractère de cet homme perfidepour délibérer un instant sur le parti qu’ellesavaient à prendre. Plusieurs déclarations éma-nées du congrès de Vienne, se succédèrentpour annoncer qu’elles ne voyaient en lui qu'unaventurier avec qui elles entendaient n’avoiraucune relation politique. Toutes les commu-