leaubnailt lui a dit un bon nombre de verit^s et d'in*jures ; et il faut convenir que les eloges qu’il luiavait donnes lorsqu’il etait puissant , u’auraienCpas et (5 fort dangereux , si ie public avait connu sesprincipes. Cet auteur pense , en effet, qu’ils estd’usage deflagorner les princes quand ils sont sur letrdne , et de leur cracher au visage aussitöt qu’il ensont .tombes. Dans son fameux ouvrage , imprimö äLondres en 1797? il s’exprime en ces ternies , achapitre intitule : Denis d C irm/he-T^es Bourbons :
« Nous chdrissons moins la liberte que nous naliai'ssons les grands , parce que nous ne pouvonssouffrir le bonheur dans les autres } et que nous nousimaginons que les grands sont heureux» Conune lesrois semblent d’une autre espece que le reste de lafoule, au jour de l’dffiiction ils ne trouventpas unelärme depitiel Voilä donc, dit cbacun ensoi-memejcet homme qui commandait aux hommes , et quid’un coup-d’osil aurait pu me ravir la liberte et lavie. Toujours bas , nous rampons sous les princesdans leur gloire , et nous leur crachons au visagelorsqu’ils sont tombes » (1).
Que M. de Chateaubriand ne prenait-il cette pen«see pour epigraphe de ses ouvrages ? Personne n’au-rait ete seduit par les eloges qu’il avait donnes äBonaparte dans sa gloire 5 et Port n’efit pas ete sur-pris de voir qu’il lui crachait au visage aussitöt qu’ilfut tombe.
(1) Essai historicpie , politique et moral , tom. 3 ; p. 401 ■
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