VIII
L’archevêque, vieillard grave, célébra lui-même lamesse, et je dois l’avouer de bonne foi, non-seulementmoi, mais en quelque sorte milady aussi, nous fûmessecrètement touchés par l’esprit qui respire dans cet actereligieux, et par la dignité de cet homme vieux qui l’ac-complissait.— Oui, tout homme âgé est d’ailleurs parlui-même un prêtre, et les cérémonies de la messe ca-tholique sont en même temps d’une si grande antiquité,qu’elles sont peut-être la seule chose qui se soit con-servée depuis l’enfance du monde, et réclame la piétéde tous les hommes, comme souvenir de nos premiersancêtres. — Voyez-vous, milady, lui dis-je, chaquemouvement que vous apercevez ici, la manière dejoindre les mains, d’étendre les bras, ces génuflexions,ces ablutions, ce droit d’être encensé, ce calice, mêmetout l’habillement de cet homme, depuis la mitre jus-qu’à h frange de l’étole, tout cela est du vieil égyptien;ce sont les restes d’un sacerdoce sur l’étonnante exis-tence duquel les plus anciens documents ne nous rap-portent que peu de chose, du sacerdoce le plus antique,