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2 (1861)
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171
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mon honneur, mon collègue ne doit point manger avecles domestiques: il sasseoira à table auprès de moi...Et aussi vrai que puisse Dieu me donner tous les biens,monsieur le docteur, jai été assis à côté du baron Roth-schild de Francfort, et il ma traité comme son égal, toutfamillïonnairement. Jai été aussi chez lui au fameuxbal denfants qui a été mis dans les gazettes. II ne mesera plus donné dans ma vie de revoir autant de luxe etde dépense. Javais pourtant été à Hambourg à un balqui coûtait 1,300 marcs et 8 schelings; mais, bah! cenétait quune crotte de poulet auprès dun tas de fu-mier. Que dor, dargent et de diamants jy aiyus ! Quedétoiles et dordres ! Lordre du Faucon, la Toison-dOr,lordre du Lion, lordre de lAigle..., jusquà un toutpetit enfant, je vous lassure, un tout petit enfant quiportait un ordre de lÉléphant. Les enfants étaient supé-rieurement bien masqués, et jouèrent aux emprunts : ilsétaient déguisés comme des rois, avec des couronnessur la tête, mais il y en avait un grand garçon qui étaithabillé juste comme le vieux Nathan Rothschild. Il jouatrès-bien son rôle, avait ses deux mains dans ses gous-sets, faisait sonner son or, secouait la tête en faisant lamoue quand un des petits rois lui voulait emprunterquelque chose. Mais il ny avait que le petit avec unhabit blanc et des culottes rouges, auquel il caressaitamicalement les joues, et il lui disait: Tu es monplaisir, mon favori ; tu me fais honneur, mais ton cousinMiguel naura rien de moi ; je ne prêterai rien à ce fou,