REISEBILDER.
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mon honneur, mon collègue ne doit point manger avecles domestiques: il s’asseoira à table auprès de moi...Et aussi vrai que puisse Dieu me donner tous les biens,monsieur le docteur, j’ai été assis à côté du baron Roth-schild de Francfort, et il m’a traité comme son égal, toutfamillïonnairement. J’ai été aussi chez lui au fameuxbal d’enfants qui a été mis dans les gazettes. II ne mesera plus donné dans ma vie de revoir autant de luxe etde dépense. J’avais pourtant été à Hambourg à un balqui coûtait 1,300 marcs et 8 schelings; mais, bah! cen’était qu’une crotte de poulet auprès d’un tas de fu-mier. Que d’or, d’argent et de diamants j’y aiyus ! Qued’étoiles et d’ordres ! L’ordre du Faucon, la Toison-d’Or,l’ordre du Lion, l’ordre de l’Aigle..., jusqu’à un toutpetit enfant, je vous l’assure, un tout petit enfant quiportait un ordre de l’Éléphant. Les enfants étaient supé-rieurement bien masqués, et jouèrent aux emprunts : ilsétaient déguisés comme des rois, avec des couronnessur la tête, mais il y en avait un grand garçon qui étaithabillé juste comme le vieux Nathan Rothschild. Il jouatrès-bien son rôle, avait ses deux mains dans ses gous-sets, faisait sonner son or, secouait la tête en faisant lamoue quand un des petits rois lui voulait emprunterquelque chose. Mais il n’y avait que le petit avec unhabit blanc et des culottes rouges, auquel il caressaitamicalement les joues, et il lui disait: — Tu es monplaisir, mon favori ; tu me fais honneur, mais ton cousinMiguel n’aura rien de moi ; je ne prêterai rien à ce fou,