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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
faites pas de signes, monsieur le marquis; ce que voussavez, je le sais, et ce que je sais, vous le savez. — Etvous, monsieur le docteur, portez-vous bien. Je n’ai pasl’intention de vous rappeler la petite bagatelle.
A ces mots il redescendit la colline en marmottantsans relâche: Gumpelino, Strachino... Strachino, Gum-pelino.
— C’est un homme dévoué, dit le marquis ; sans celaje l’aurais renvoyé depuis longtemps, à cause de sonmanque d’étiquette. Devant vous cela est sans consé-quence. Vous me comprenez. Comment trouvez-vous salivrée? Il y a pour 40 thalers de galons de plus qu’à lalivrée des domestiques de Rothschild. Au fond, j’aigrand plaisir à voir comme ce pauvre homme se per-fectionne avec moi. De temps à autre, je lui donne moi-même des leçons de civilisation. Je lui dis souvent:Qu’est-ce que l’argent? l’argent est rond et roule bienvite, mais la civilisation reste. Oui, monsieur le docteur,si jamais, ce qu’à Dieu ne plaise, je venais à perdremon argent, du moins resterais-je toujours un grand con-naisseur en fait d’arts, un connaisseur en peinture, enmusique et en poésie. Vous pouvez me bander les yeuxet me conduire dans la galerie de Florence, et à chaquetableau devant lequel vous me placerez, je vous nom-merai le peintre qui l’a peint, ou du moins l'école àlaquelle appartenait ce peintre. Et la musique ! bouchez-moi les oreilles, et je vous promets pourtant de distin-guer toutes les fausses notes. La poésie? Je connais