Titien, et je lui sais un gré particulier d’avoir peintMaria pour moi. Tu reconnaîtras sans doute aussi bienque moi que c’est en effet pour moi que le Giorgion afait ce tableau, et non pour je ne sais quel vieux Gé-nois. Il est vraiment d’une ressemblance admirable,ressemblant jusqu’au silence de la mort. Il n’y manquemême pas l’expression de la douleur dans les yeux, decette douleur d’une souffrance plutôt rêvée qu’éprouvée,et qui était fort difficile à rendre. Tout le portrait estcomme soupiré sur la toile. L’homme au manteau noirest bien peint aussi, et les lèvres malicieusement senti-mentales sont bien saisies, parlantes, comme si ellesallaient raconter une histoire... C’est l’histoire du che-valier qui voulut ressusciter par un baiser sa bien-aimée,et quand le flambeau s’éteignit...
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