générations futures, qui continueraient l'œuvre de leursprédécesseurs.
C’était la croyance du temps, et les anciens archi-tectes vécurent et s’endormirent dans cette croyance.Ils sont couchés aujourd’hui devant les portes de leursvieilles églises, et il est à désirer que leur sommeil soitbien profond, et que les ricanements des temps mo-dernes ne les éveillent pas. Cela serait surtout biendouloureux pour ceux qui sont étendus devant les vieuxdômes qu’on n’a pas achevés, s’ils allaient s’éveillertout d’un coup pendant la nuit, et qu’à la triste clartéde la lune, ils vissent leur tâche non terminée, et qu’ilscomprissent tout de suite que le temps de l’achèvementn’est plus, et que toute leur existence a été inutile etsotte.
C’est ainsi que parlent les temps modernes, le jourprésent, qui a une autre foi, une autre tâche à remplir.
J’entendis un jour à Cologne qu’un petit garçon de-mandait à - sa mère pourquoi l’on n’achevait pas lescathédrales à moitié bâties. C’était un bel enfant, jel’embrassai sur ses yeux spirituels; et comme sa mèrene pouvait lui donner une réponse satisfaisante, je luidis qu’à présent les hommes avaient tout autre choseà faire.
Non loin de Gênes, de la crête des Apennins, l’on voitla mer; cette nappe bleue apparaît entre les sommets depics verdoyants, et les vaisseaux qu’on voit passer etrepasser semblent marcher à pleines voiles sur les mon-