IV
Mes veux pouvaient donc bien étinceler de quelqueflamme langoureuse quand, dans le désespoir où m’avaitjeté mon interminable conversation avec le Berlinois,mon regard s’élançait vers les belles montagnes duTyro!, et que je soupirais profondément. Mais monPhilistin berlinois ne vit dans ce regard et dans ce sou-pir qu’une nouvelle ressource de conversation; alors,souriant de compagnie: — Ah! oui, je voudrais bienaussi, moi, être à Constantinople ! Ah ! voir Constanti-nople fut toujours l’unique vœu de ma vie! Et mainte-nant, hélas ! les Russes y sont certainement déjà entrés,à Constantinople... Avez-vous vu Saint-Pétersbourg? Jerépondis que non, et le priai de m’en dire quelquechose ; mais ce n’était pas lui qui y était allé l’été der-nier, c’était M. son beau-frère, le conseiller de justice,et il paraît que ce doit être une ville unique. — Avez-vous vu Copenhague? Comme j’eus encore répondunégativement à cette question, et demandé une descrip-tion de la ville, il se mit à sourire d’un air bien fin, ba-lança avec satisfaction sa tète çà et là, et m’assura sur