III
Le lieu où se tenait cet entretien s’appelle Bogenhau-sen, ou Neubourghausen, ou villa Hompesch, ou jardinde Montgelas, ou le Schlœssel. On n’a même pas besoinde le nommer quand on s’y veut faire conduire de Mu-nich : le cocher vous comprend tout de suite à un certainclignement d’œil altéré, à un certain mouvement detète de bienheureux, ou à d’autres grimaces indica-trices. Mille mots sont à la disposition de l’Arabe pourexprimer le sabre, du Français pour l’amour, de l’An-glais pour la pendaison, de l’Allemand pour boire, et dunouvel Athénien pour désigner les lieux où il boit. Labière est réellement fort bonne en cet endroit ; on n’enboit pas de meilleure au prytanée, vulgairement nomméBockkeller. Elle a un goût parfait, principalement surcette terrasse à escalier où l’on a devant les yeux lesAlpes du Tyrol. J’allais souvent m’y établir l’hiver der-nier ; et je contemplais ces montagnes neigeuses, étin-celantes sous la lumière du soleil, et qui semblaientcoulées en argent pur.
L’hiver régnait alors aussi dans mon âme : les pensées