HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
3 9
PL LXXXIV. — Tours. — Maison, 10, rue Paul-Louis-Courier.
Dans le voisinage de l’ancienne abbaye de Saint-Martin, outre la maison dite de Tristan que nousavons déjà étudiée, s’élèvent encore plusieurs logis de pierre de la fin du xv e siècle. Celui-ci, en dehors de sonprincipal corps agrémenté d’une tourelle d’escalier octogonale et d’une jolie porte à accolade flamboyante, estcomplété par deux ailes construites en partie en pan de bois et réunies, au long du mur qui clôt sur la ruela petite cour carrée qu’elles embrassent, par cette jolie galerie couverte dont les poteaux et les poutreshorizontales sont moulurés avec le même art et selon le même type que les principales pièces de nos maisonsde bois. Malgré cette persistance des profils et des types gothiques, il est possible que la construction en dateseulement du xvi e siècle. C’est même tout à fait à la fin de ce siècle qu’il paraît falloir rapporter l’exécution,sans doute un peu plus tardive, des deux escaliers d’angle qui se montrent à chacune des extrémités de lagalerie et dont la forme des balustres, comme la disposition même, se retrouvent dans mainte autre constructiontourangelle de l’époque, notamment dans un bel escalier également ajouré qui se voit rue du Panier-Fleuri, n° 2, appuyé lui aussi sur une construction gothique.
Bibliographie : Ch. de Grandmaison : Tours archéologique , p. 167-168. — P. Vitry : Tours et les Châteaux de Touraine ,p. 80 (fig.). — De Clérambault : Bulletin de la Société archéologique de Touraine , 2 e série, T. I (1909), p. 1-2 (pl.).
PL LXXXV et LXXXVI. — L-uynes. — Maisons, place de l’église.
Le village qui, à quelques lieues de Tours, se groupe au pied de l’ancien château de Maillédevenu, au xvn' siècle, la propriété de Charles d’Albert, seigneur de Luynes, qui lui imposa son nom, présenteencore un certain nombre de petites maisons de bois de la fin du xv' siècle, d’une élégance charmante commeon en rencontre du reste beaucoup d’autres dans les petites villes de la vallée de la Loire, en Orléanais, enTouraine, ou en Anjou. Il en est peu cependant qui offrent le charme de proportion et l’intégrité de détails decelle dont nous donnons ici l’ensemble et un détail; elle est vraiment typique, avec sa façade étroite, son pignonsur rue, son grand toit abritant deux pièces l’une derrière l’autre à chaque étage, son pan de bois composé depoutres entrecroisées avec remplissage de briques, avec le détail un peu fruste mais non sans qualité cependantde ses moulurations et de ses sculptures représentant des saints et une vierge de pitié soutenus par desculs-de-lampes plus ou moins grotesques et ironiques.
Bibliographie : C. Chevalier: Guide pittoresque du voyageur en Touraine (1886), p. 176-177. — P. Vitry: Michel Colombe etla sculpture française de son temps (1901), p. 30 (fig.).
Pl. LXXXVII et LXXXVIII.
Angers.
Maison d’Adam.
Cette maison d’Adam, située vers le chevet de la cathédrale d’Angers, à l’angle de la place SainteCroix et de la rue Montault, est certainement l’un des plus importants,peut-être le plus important parmi tous les édifices de ce genre qui noussoient demeurés. Il paraît dater de la seconde moitié du xv e siècle, maison n’en connaît ni la date exacte, ni les premiers possesseurs; on citeseulement le nom d’un certain Michel Adam, consul, qui l’acquit en1714, et dont le nom, parait-il, lui serait demeuré, à moins que l’appel-lation courante ne vienne du motif d’Adam et d’Eve qui était jadis figurésur le poteau d’angle du rez-de-chaussée
L’ensemble, tel qu’on le reproduit d’habitude et que le montrenotre planche LXXXVII, comprend du reste, ainsi qu’on peut le voird’après le plan ci-joint, relevé par M. Chauliat, deux maisons distinctes,l’une (A) à l’angle avec deux pièces contiguës prenant jour toutes deuxsur la rue et desservies par un escalier à vis situé à l’intérieur du bâti-ment et éclairé faiblement sur une médiocre courette (C), l’autre (B)présentant sur un terrain étroit et profond la disposition traditionnelledu pignon sur rue (le comble en est rasé aujourd’hui) et des deux pièces
l’une derrière l’autre dont la seconde prend jour sur une cour postérieure. pi an du premier étage
Fig. 40. — Angers : Maison d’Adam