2Ô
HOTELS ET MAISONS HE LA RENAISSANCE
réduit, placé pour l’une dans lechauguette, devait être limité pour l’autre, au droit de la fenêtre étroite quise voit sur la façade, par des cloisons intérieures.
Bibliographie: Verdier et Cattois : Architecture civile et domestique, Paris (1855), t. II, p. 117 (pl.). — Enlart : Manueld'Archéologie, t. II, 116-172.
PL LI 1 I. — Vitré. — Maison 23, rue Notre-Dame.
L’immeuble auquel appartient cette façade comporte un premier corps de bâtiment sur la rue,sans aucun intérêt aujourd’hui. Au contraire, le bâtiment entre cour et jardin qui peut dater des premièresannées du xvi e siècle et passe pour avoir appartenu à un bourgeois de Vitré nommé Lemoyne Sirouère,avait gardé jusqu’à ces temps derniers une physionomie très complète et très typique. Il ne comprenaitau rez-de-chaussée qu’une seule salle avec un plafond de solives apparentes, ornée d’une grande cheminéegothique. Sur le côté s’ouvrait vers le jardin un passage dans lequel s’agença un escalier, d’ailleurs modernisé.La construction du rez-de-chaussée était en pierre. L’étage et le comble étaient construits en pans de bois etsupportés par une poutre moulurée d’une forte saillie et d’un très beau caractère.
La porte de la grande salle est flanquée de deux piliers à torsades et surmontée d’un arc enaccolade à la pointe duquel le serpent de la Tentation s’enroule autour d’un bouquet de feuillages. Dechaque côté, sur les pinacles, deux figurines représentent Adam et Eve. Mais ces figures, de même que toutela décoration sculptée, sont d’une lourdeur et d’une gaucherie qui annoncent cette rude imagerie bretonnedont les accents populaires sont parfois savoureux, mais qui ne saurait prétendre à aucune espèce de beautéplastique.
Bibliographie : De la Borderie : Les vieilles rues de Vitré. — Abbé Audren : Vitré (1909).
Pl. LIV. — Saint-Pol-de-Léon. — Maison canoniale, place du Petit-Cloître.
Cette maison, qui s’élève derrière la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, appartenait aux Richard,chanoines de Léon, dont le tombeau de style Renaissance se voit encore dans la chapelle absidale de lacathédrale. Bien qu’on puisse la dater des environs de 1535, cette maison est encore construite et décoréedans le style gothique le plus pur. A la porte sur la rue, toutefois, s’indiquent des colonnettes assez grossièresqui marquent quelque prétention classique.
Un autre logis de la même époque, l’hôtel Keroulas, qui dépend du collège de Saint-Pol, montretoute une travée de fenêtres superposées, décorées d’arcs en accolade et de pinacles flamboyants. Ici ladécoration se restreint aux rampants des pignons et à leurs amortissements ornés de bêtes fantastiques. Legranit donne à l’ensemble un aspect fruste et austère que l’on retrouverait dans plusieurs petites maisons deRoscoff datant également du xvi e siècle; ces maisons offrent en particulier des lucarnes où les types gothiquesse prolongent certainement plus tard que nulle part ailleurs.
Le plan comporte un corps de logis avec une grande aile perpendiculaire en avant et une petiteaile en arrière. Dans l’angle de l’aile principale s’agence un escalier à vis dont la partie supérieure formanttourelle domine toute la construction.
Bibliographie: Pol de Courcy : Notice historique sur la ville épiscopale de Saint-Pol-de-Léon (1841), in-12. — Lécureux :Saint-Pol-de-Léon, Paris, Laurens (1910), p. 78-80, iig.
PL LV. — Luxeuil. — Maison dite du Cardinal de Joufïroy.
La petite ville de Luxeuil groupe encore autour de son ancienne abbaye un certain nombre d’édificescivils anciens des xv e et xvi* siècles. Le plus important est son Hôtel de Ville dont on rapporte l’origineà la première moitié du xv' siècle et que l’on donne parfois pour l’habitation construite vers 1420, parPerrin Joufïroy, bourgeois de Luxeuil, qui s’enrichit par le négoce et fut plus tard gouverneur de Besançon.Une autre opinion, plus vraisemblable à notre avis, veut y voir dès l’origine une maison de Ville et n’enattribue la construction qu’à Henry Joufïroy, fils de Perrin et frère du célèbre cardinal, favori de Louis XL