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1 (1910)
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

Après Geoffroy Coeur, qui mourut en 1488, son fils Jacques II ( 1 ) posséda lhôtel jusquen i5oi,il le vendit aux Turpin; ceux-ci le passèrent aux Laubespine en i56i. Colbert enfin sen rendit acquéreuren 1679 pour le céder trois ans plus tard à la municipalité de Bourges qui y installa son hôtel de ville.

Jusque-, lhôtel navait subi aucune transformation ni addition très importante; à peine a-t-on pusignaler la suppression des encorbellements placés à langle du pavillon dentrée et la réfection de la corniche, prirent place les armes des Laubespine. Une description rédigée en 1679 nous en assure; cest une sortedétat de lieux dressé pour Colbert après lacquisition de lhôtel. Mais le xvm e siècle y marqua sa trace de façonassez grave. Les baies des galeries furent fermées, des meneaux des fenêtres supprimés. La grande salledu rez-de-chaussée surtout changea de caractère; un perron fut installé dans la cour pour y accéder et,en iyôo, le grand escalier gothique de la tourelle principale fut entièrement détruit et refait jusquau premierétage sous la direction dun nommé Fricalet.

Les tribunaux vinrent se joindre à lhôtel de ville dans la demeure d la Révolution supprima tout ce

qui portait trop ostensiblementallure deffigies ou darmoirie.On refit en 1835 les portes enbois du grand portail, mais onlaissa tomber, faute dentretien,les lucarnes de la place Berry.En 1858 enfin, lÉtat rachetaitlhôtel à la ville; la mairie allaitsinstaller rue de la Monnaiedans lancien hôtel de la familleLaporte et dimportantes res-taurations commençaient sousla direction de larchitecteBailly. Les travaux comprirentmalheureusement des réfec-tions assez radicales; on mo-dernisa par exemple un peutrop le pignon du pavillon degauche de la façade de la ruequi touchait jadis à des construc-tions qui dépendaient encore delhôtel et que lon désignait sousle nom dhôtel de Limoges. Cestravaux comprirent aussi, sur la droite, des additions dont le style assez bâtard a au moins lavantage demarquer nettement les parties modernes, destinées au développement des services judiciaires.

Dans les dernières années, des travaux rendus nécessaires par létat des balustrades ont été entreprispar M. Boeswillwald au pavillon dentrée; dautres ont affecté le couronnement des tours de la place Berry,dont la principale a perdu, malheureusement, sa toiture élevée traversée par une cheminée gothique, visible surtoutes les anciennes images et que montre encore notre figure 1.

A lintérieur dimportantes restaurations furent aussi exécutées sous le second Empire, notammentdans les galeries antérieures. Celles du rez-de-chaussée furent très heureusement dégagées; celles du premierétage, ainsi que la chapelle, agrémentées de cette polychromie violente, théoriquement exacte, mais souventsi désagréable qui dépare tant de restaurations de lécole de 1860. Les cheminées furent complétées ou resti-tuées suivant le système, alors également en honneur, que Duban appliquait par exemple au château de Blois.

Les principales pièces du grand corps de logis sont au contraire demeurées dans létat les ontmises les décorateurs du xviii' et du commencement du xix e siècle : salle des assises, salle de la cour dappel,locaux pour les témoins et les prévenus, bibliothèques pour les avocats et les juges. Il faut convenir quaucunede ces installations noffre dintérêt en elle-même; les quelques boiseries xvm' siècle qui paraissent çà et sontmédiocres. Il est certain quil y aurait grand intérêt à retrouver, sous les décors factices de la salle des assises

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Cliché des Monuments historiques.

Fig. 1. Bourges : Hôtel Jacques-CœurFaçade sur la place Berry avant les dernières restaurations

(1) Cest pour ce Jacques II que fut exécuté le magnifique livre dheures conservé à la Bibliothèque de Munich et quafait connaître en 1904 M. Paul Gauchery. On y voit notamment une miniature extrêmement curieuse qui donne la vue cavalière delhôtel avec au premier plan la façade de la rue Jacques Cœur, dont lensemble et le détail sont bien reconnaissables.