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1 (1910)
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INTRODUCTION DU TOME I

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ment le luxe et l'art, mais se plaisant à une inspiration moins élevée, plus Jiumaine, plus réaliste.

Moins de grandeur, moins dambition, plus de souci du confortable, plus de recherche,de grâce, de verve pittoresque et parlois satirique, plus de saveur populaire dans la

décoration, c'est ce que nous allons reconnaître dans les diverses constructions que nous

allons analyser tout à lheure, quil sagisse de lhôtel dOlivier Barrault, à Angers, de

lévêché dKvreux ou de lhôtel des abbés de Cluny, à Paris.

Des grands bourgeois, des financiers cossus, les mêmes soucis de lagrément et dubien-vivre vont se répandre dans les classes plus modestes ; de simples maisons de marchandstourangeaux, berrichons, picards ou bourguignons, vont, tout en se modelant sur les typestraditionnels que nous décrivions tout à lheure, se perfectionner quant au plan plushabilement disposé autour dune cour intérieure; elles vont oflrir des dégagements auxquels onnavait pas songé jusque-, des commodités que lon ignorait, des ouvertures plus amples;elles vont se charger aussi d'ornements plus raffinés,plus spirituels; la part d'adaptation des fantaisies

flamboyantes y sera assez restreinte, mais lingénieusedisposition dune tourelle descalier ou dune coursièreen encorbellement, la juste proportion dune nervure,dune accolade, dune balustrade, lélégance dun épi,l'amusante et pittoresque sculpture dun cul-de-lampey joueront un rôle capital. Cest un art bien françaisqui se développe spontanément sous linfluence duprogrès général des mœurs et du goût sans quilsoit besoin de faire appel encore, pour en expliquerles caractères nouveaux, à aucune influence étrangère.

Si nous y voyons paraître, en effet, vers la fin de lapériode qui nous intéresse, cest-à-dire vers le règne deLouis XII, voire même les premières années du règnede François I er , quelques éléments ultramontains, ceseront, en apparence du moins, comme de purs acci-dents qui naltèreront pas la physionomie générale delœuvre et son . caractère.

Il est vrai quà cette même époque, en dehors

1 ' 1 Eig. viii. Avignon: Maison nu xv e siècle.

de la série que nous avons constituée ici et que

nous allons suivre dans les notices et les planches de ce premier volume sélèvent déjà,çà et, des demeures qui manifestent exactement un style nouveau, étranger dorigine,le style que lon nomme couramment de la Renaissance et, que nous continuerons à nommerainsi, tout en nous rendant mieux compte que nulle part ailleurs, combien ce mot est injuste.Cest dans notre domaine surtout en effet que les vraies et essentielles nouveautés, la pousséevivifiante qui renouvelle lart de toute une époque, datent du plein milieu du xv u siècle, dunmoment lart français était encore en pleine vigueur et ne songeait guère à se mettre àlécole de lart italien.

Ce que celui-ci lui apporta, ce qui résulta du contact forcé entre les deux civilisa-tions et les deux arts à la fin du xv e et au début du xvi e siècle, particulièrement dans l'archi-tecture civile et urbaine, cest ce que nous montrera la série de monuments que nous avonsréservée pour notre deuxième volume.