AVANT-PROPOS
L’histoire de l'architecture privée en France, au Moyen Age et à la Renaissance,malgré les enseignements historiques et artistiques que l'on en pourrait tirer, a été beaucoupmoins étudiée que celle de l'architecture religieuse ou de l’architecture militaire. C’est unepartie de ce vaste sujet que nous voudrions éclairer ici par la réunion d'un asse% grandnombre de documents relatifs à l’habitation urbaine au XV e et au XVI e siècle.
Nous avons en effet de parti pris laissé de côté dans ce recueil les châteaux, beaucoupplus connus et plus souvent publiés, et aussi les fermes et manoirs, qui prêteraient surtoutà des études, soit économiques, soit pittoresques, pour nous borner aux hôtels et maisons quiparent encore nombre de nos vieilles villes françaises et qui nous offrent tant de renseignementsprécieux sur l'art et sur la vie d'autrefois.
Le plein Moyen Age ne nous offre plus malheureusement, en cette matière, qu'un nombrerelativement restreint de monuments ; encore sont-ils, à quelques exceptions près, d'importancesecondaire par rapport à tous ceux qui durent s’élever aux XII e , XIII e ou XIV e siècles; ilssont, en outre, le plus souvent à demi ruinés ou défigurés. Si intéressante que puisse être l'analysearchéologique de ces témoins vénérables, ils n offraient pas matière aux reproductions quenous souhaitions présenter ici. Nous nous sommes donc bornés à rappeler l'existence et lecaractère des principaux dans l'introduction de notre premier volume et nous avons débutédélibérément avec le milieu du XV e siècle, avec ce que l'on appelle asseç couramment laRenaissance française.
Notons tout de suite que, sous cette rubrique conventionnelle, dont nous n’avons pascru pouvoir nous dispenser, nous avons englobé les manifestations de notre architecture civilerenouvelée et épanouie, mais encore «gothique » du XV e siècle, de cette architecture qui peut êtreconsidérée comme l'aboutissement logique de l’art du Moyen Age, en même temps que cellesde la véritable Renaissance italienne et classique du XVI e siècle, nous réservant de montrerprécisément la parenté qui unit les unes et les autres.
Notre enquête s'est étendue à toutes les provinces de l’ancienne France et presquetoutes nous ont fourni des documents intéressants ; les uns témoignent de l’activité artistiquequi se réveille dès la fin de la guerre de Cent Ans pour se prolonger à travers tout leXVI e siècle, en Touraine, en Anjou, en Berry, en Norniandie; les autres se rattachent aux écoleslocales qui se développèrent à cette dernière époque sous des influences à moitié françaises, àmoitié italiennes, en Ile-de-France, en Bourgogne, en Lorraine, en Languedoc, etc. Nous noussommes arrêtés seulement à peu près aux limites de la France du XVI e siècle, laissant de