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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
de Gozzi, des plus excentriques mascarades du Carna-val de Venise. La pièce de musique connue sous celitre, et que Sivori avait impudemment capturée, est uncapriccio d’Ernst, Cet amateur du fantasque sait aussi,quand il veut, être parfaitement poétique, et j’ai entendul’autre jour un nocturne de sa composition, qui était unemerveille de beauté. On se croyait transporté dans unebelle nuit italienne, au clair de lune argenté, aux silen-cieuses allées de cyprès, aux blanches et scintillantesstatues de marbre et aux fontaines jaillissantes, dont ledoux clapotement fait rêver. Ernst a donné, comme onsait, sa démission à Hanovre, et il n’est plus maître dechapelle de sa royale majesté lianovrienne. Ce n’était,en effet, pas une place convenable pour lui. Il seraitplutôt fait pour diriger la musique de chambre à la courde quelque reine des fées, par exemple chez dame Mor-gane ; il y trouverait l’auditoire le plus capable de lecomprendre, et au nombre duquel figureraient de très-éminents personnages, aussi fabuleux qu’amateurs del’art, par exemple le roi Artlius, Dietrich de Berne,Ogier le Danois, etc., etc. Et quelles charmantes damesapplaudiraient là aux sons incomparables de son ar-chet enchanté! Les blondes Hanovriennes sont sansdoute bien gentilles, mais elles ne sembleraient cepen-dant que des laiderons auprès d’une fée Mélior, de ladame Abonde, de la reine Geneviève, de la belle Mélu-sine et d’autres femmes illustres, qui séjournent à lacour de la reine Morgane, dans l’ile d’Avalon, A cette
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