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d’une véritable beauté, et c’est un des meilleurs travauxdu jeune maestro que toute l’Allemagne admire. Maiscomment se fait-il que cet artiste si méritant et si favo-rablement doué n’ait pu, depuis l’exécution de son ora-torio Paulus. qu’on imposa l’année dernière au publicde Paris, cueillir aucun laurier sur le sol français? Com-ment se fait-il qu’ici tous les elforts échouent, et que ledernier moyen désespéré du théâtre de l’Ûdéon, l’exécu-tion des chœurs d’Antigone, n’a produit également qu’unrésultat déplorable?Mendelsohn nous offre toujours l’oc-casion de réfléchir aux plus hauts problèmes de l’esthé-tique. Il nous fait surtout souvenir constamment de cettegrande question : quelle est la différence entre l’art et lemensonge? Nous admirons le plus chez ce maître songrand talent pour la forme, pour le style, son aptitude às’approprier les choses les plus extraordinaires, sa belleet ravissante facture, sa fine oreille de lézard, ses sen-sibles et délicates antennes d’escargot, ainsi que sonindifférence sérieuse, je dirais presque passionnée. Sinous nous enquérons d’un phénomène semblable dansun art analogue, nous le trouvons cette fois dans lapoésie, et il s’appelle Louis Tieck. Ce maître aussi a tou-jours su reproduire les choses les plus excellentes, soiten écrivant, soit en récitant de vive voix, il s’entendaitmême à fabriquer des traits naïfs, et cependant il n’ajamais rien créé qui ait subjugué les masses et soit restévivant dans leur cœur. Mendelsohn, dont le talent sur-passe celui de Tieck, réussirait plutôt à créer quelque
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