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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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leur indulgence ne reposait que dans le besoin du mo-ment, et plus tard, après raffermissement de leur pou-voir, ils eussent peut-être ramené les peuples carnivoresaux plus maigres aliments de jeûne spiritualiste. Desdoctrines relâchées pour le monde présent en révolte,des chaînes de fer pour le monde subjugué de l’avenir.Ils étaient si fins !

Mais la finesse est impuissante contre la mort. Ilsgisent depuis longtemps dans la tombe. Il y a encore,il est vrai, des gens en manteaux noirs et avec d’énormestricornes aux bords relevés; mais ce ne sont point devrais jésuites. De même qu’un doux agneau s’affublequelquefois de la peau de loup du radicalisme, parvanité, par intérêt, ou pour faire une niche, de mêmeil n’y a parfois sous la peau de loup du jésuitisme qu’unsot petit baudet. — Oui, ils sont morts. Les pères de laCompagnie de Jésus n’ont laissé dans les sacristiesque leur défroque, non leur esprit. Ce dernier hanted’autres endroits, et bien des champions de l’université,qui l’exorcisent avec tant de zèle, en sont peut-être pos-sédés sans qu’ils s’en doutent. Je ne dis pas cela parrapport à MM. Michelet et Quinet, les âmes les plussincères et les plus véridiques, mais j’ai ici surtout envue le ministre officiel de l’instruction publique, le rec-teur de l’université, M. Villemain. La conduite ambiguëde cet homme m’inspire toujours de la répulsion. Je nepuis accorder mon estime qu’à son esprit et à son style,Nous voyons dans cet exemple, soit dit en passant, que