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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ture à une perfection encore plus grande ; que Dieu soitalors en aide à Cousin, si dans lintervalle il na pas faitégalement des progrès !

Pierre Leroux peut avoir maintenant cinquante ans,du moins il en a lair; peut-être il est plus jeune. Corpo-rellement il na pas été favorisé de la nature avec tropde profusion. Une forme trapue, robuste et à forte car-rure, qui na nullement acquis quelque grâce par les tra-ditions du monde élégant. Leroux est enfant du peuple,il était dans sa jeunesse ouvrier, je ne sais de quel mé-tier, et il porte encore aujourdhui dans son extérieur lestraces du prolétariat. Il a probablement à dessein dédai-gné le vernis du monde, et sil est capable dune coquet-terie, dune affectation quelconque, cest peut-être cellede persévérer obstinément dans la rudesse primitive. Ily a des hommes qui ne portent jamais de gants, parcequils ont des mains blanches et petites, auxquelles onreconnaît la race aristocratique. Pierre Leroux ne portepas de gants non plus, mais cest certainement pour detout autres raisons. Cest un amateur du renoncementascétique, un ennemi du luxe et de tout plaisir des sens,et la nature lui a facilité la vertu. Mais nous nen recon -naissons pas moins hautement la noblesse de ses senti-ments, le zèle avec lequel il a sacrifé à la pensée tous lesintérêts personnels, en général son suprême désintéres-sement, et nous sommes surtort éloignés de vouloir dé-précier le diamant brut pour la raison quil na pas un jolibrillant, et quil se trouve mcine enchâssé dans du plomb.