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ŒUVRES UE HENRI HEINE,
gigantesque sera achevé, nous en ferons notre rapport.Jusqu’ici on ne peut rien dire de positif du véritable sys-tème de Leroux, il n’a donné jusqu’à présent que desmatériaux, des moellons isolés. Aussi manque-t-il tout àfait de méthode, manque qui est particulier aux Fran-çais, avec peu d’exceptions, parmi lesquelles il faut sur-tout nommer Charles de Rémusat, qui dans ses Essaisde Philosophie, chef-d’œuvre précieux, a compris l’im-portance de la méthode et a montré un rare talent àl’appliquer. Leroux est assurément un plus grand pro-ducteur de pensées, mais, comme je l’ai dit, il est dé-pourvu de méthode. Il a seulement les idées, et à cetégard on ne peut lui refuser une certaine ressemblanceavec Joseph Schelling; mais il y a cette différence quetoutes ses idées concernent le salut et l’affranchissementde l’humanité, et que, loin de rapiécer la vieille religionavec la philosophie, il dote plutôt la philosophie dumanteau d’une religion nouvelle. Parmi les philosophesallemands, c’est Krause avec qui Leroux offre le plusd’analogie. Son dieu n’est pas non plus un être extra-mondain, il est inhérent au monde, mais il conserve ce-pendant une certaine personnalité qui lui va à merveille.Quant à l’immortalité de l’âme, Leroux y mâche conti-nuellement, sans pouvoir s’en rassasier; ce n’est qu’unerumination perfectionnée de l’ancienne doctrine de per-fectibilité. Parce qu’il s’est bien comporté en cette vie,Leroux espère qu’il parviendra dans une existence fa-
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