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la question sociale comme question, par l’idée transmise,et ils ne sont pas poussés violemment par une nécessitéprovidentielle, ils ne sont pas les instruments prédesti-nés que la volonté suprême de l’univers emploie pourexécuter ses arrêts. Tôt ou tard les débris de la familledispersée de Saint-Simon et tout l’état-major des fourié-ristes passeront à l’armée toujours croissante du com-munisme, et prêtant au besoin brutal la parole qui donnela forme, ils se chargeront en quelque sorte du rôle depères de l’église.
Un pareil rôle est déjà rempli par Pierre Leroux, dontnous avons fait la connaissance, il y a onze ans, dans lasalle Tailbout, comme d’un des évêques du saint-simo-nisme. C’est un homme excellent, qui avait seulement ledéfaut d’être d’une humeur trop chagrine pour ses fonc-tions d’alors. Aussi Enfantin avait-il fait de lui cet élogesarcastique : « C’est l’homme le plus vertueux d’aprèsles idées du passé.» Sa vertu a en effet quelque chose duvieux levain de la période de renoncement chrétien, quel-que chose d’un stoïcisme qui n’est plus de notre temps ; etcet anachronisme surprenant, surtout vis-à-vis des aspi-rations sereines d’une l’eligion de jouissance panthéiste,a dû parfois paraître un honorable ridicule. Aussi notretriste oiseau s’est-il enfin senti très-mal a 1 aise dans lacage brillante, où voltigeaient tant de faisans dorés etd’aigles orgueilleux, mais encore plus de piètres moi-neaux, et Pierre Leroux fut le premier qui proieotacontre la doctrine de la morale nouvelle, et qui so te-