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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
jugement, en compagnie de quelques centaines de millehommes d’infanterie et de cavalerie. Quelque terriblesque puissent être les juges qui rendront là la justice surles morts et les vivants, je ne crois pourtant pas qu’ilscondamneront au feu éternel Horace Yernet pour l’in-convenance avec laquelle il a traité Juda et Thamar. Jene le crois pas, car d’abord, le tableau est peint si par-faitement qu’il faudrait déjà pour cela acquitter l’accusé.Ensuite, Horace Yernet est un homme de génie, et legénie a la permission de faire bien des choses qui sontdéfendues aux pécheurs ordinaires. Et enfin, celui quiarrive marchant à la tête de quelques cent mille soldats,se voit également pardonner bien des choses, quandmême par hasard il ne serait pas un génie.
LV1II
Paris, I»r juin 1843.
•Le combat contre l’université, qui se continue sanscesse du côté clérical, ainsi que la vigoureuse résistancede la première, dans laquelle se sont surtout fait remar-quer Michelet et Quinet, occupe toujours l’attention dela masse du public. Peut-être cet intérêt sera-t-il bientôtabsorbé par quelque nouvelle question du jour; mais ladispute elle-même ne sera pas apaisée de si tôt, car ellea sa racine dans une dissidence qui date depuis dessiècles, et qu’il faudrait peut-être regarder comme la
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