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ŒUVRES UE HENRI HEINE.
dont la cécité financière doit nous inspirer du respect etde la commisération.
Il y a aussi des raisons patriotiques, qui rendentdésirable la conservation du pauvre Léo. L’amour-propre froissé et les grands mécomptes essuyés forcent,me dit-on, cet homme autrefois si opulent, à quitternotre chère ville de Paris, et à se retirer à la campagne,oii il pourra, comme jadis Cincinnatus, manger sonchou planté de ses propres mains, ou bien comme unautre Nabuchodonosor brouter l’herbe de ses propresprairies. Ce serait une grande perte pour nos compa-triotes allemands. Car tous les voyageurs d’outre-Ilhinde second ou de troisième rang, qui venaient ici à Paris,trouvaient dans la maison de M. Léo un accueil hos-pitalier, et beaucoup d’entre eux, qui se trouvaient malà l’aise dans le monde glacial des Français, pouvaientse réfugier là avec leur chaleureux cœur allemand, et sesentir de nouveau comme au pays, en compagnie d’âmessympathisantes. Dans de froides soirées d’hiver, ils ytrouvaient une chaude tasse de thé, préparée un peuhoméopathiquement, il est vrai, mais non tout à fait dé-nuée de sucre. Ils y voyaient M. de Iluinboldt, non pointen personne, mais en effigie, suspendu à la muraille pourservir d’appeau. Là, ils voyaient en chair et en os l’il-lustre monsieur qui a plus d’os que de chair et qui pos-sède le nez le plus long de Francfort. On y trouvait aussiune baronne allemande, et même une comtesse alle-mande. Des diplomates de Ivraehvvinkel, avec une bro-
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