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âme et qu’il nommait sa mélancolique. Pour se ras-sénérer, il vint à Paris, et là, il gagna la faveur ducélèbre M. Maurice Schlésinger, qui édita ses composi-tions de romances; comme honoraire, il reçut de son.éditeur une montre d’or. Lorsque le vieux de Sauer serendit quelque temps après chez son protecteur pour luiannoncer que la montre n’allait pas, ce dernier répondit:« Aller? ai-je dit qu’elle irait? Vos compositions vont-elles? J’en suis avec vos compositions au même cranque vous avec ma montre. Elles ne vont pas. » Ainsiparla Maurice Schlésinger, le souverain maître desmusiciens, en tiraillant les bouts de son faux-col et enagitant vivement ses doigts autour de son cou, commes’il se sentait la cravate tout à coup trop serrée, gestesqu’il a l’habitude de faire quand il se passionne; carcomme tous les grands hommes, il est très-passionné.Cette inquiète agitation de ses doigts autour de son couprécède ordinairement, à ce qu’on dit, les plus terribleséclats de sa colère, et le pauvre vieux de Sauer en futtellement altéré que ce jour-là il eut plus fort que jamaisla mélancolique. Son noble protecteur avait tort enverslui. Ce n’est pas de sa faute si ses compositions de ro-mances ne vont pas; il a fait tout son possible pour lesfaire aller; il a, à cet effet, employé ses jambes du matinau soir, et il court après chacun qui pourrait, par quel-que réclame dans un journal, faire aller ses romances.Il s'accroche au pan d’habit de tout journaliste, et ilnous chante continuellement ses lamentations sur sa