avons remarqué l’autre jour aussi chez un pharaon égyp-tien lorsqu’on déballa sa momie dans une salle du muséede Paris. Après une absence de plus de vingt-cinq ans,Kalkbrenner a dernièrement visité de nouveau le théâtrede ses premiers succès, c’est-à-dire Londres, et il y arécolté les plus éclatants témoignages d’approbation. Lameilleur de l’affaire, c’est qu’il est revenu ici sain etsauf, et que sa présence à Paris donne un démenti àtous les bruits sinistres et calomnieux qui avaient courusur son compte. Il est revenu sain et sauf, les pochespleines de guinées et la tête plus vide que jamais. Il re-vient en triomphateur, et il nous raconte combien SaMajesté la reine d’Angleterre a été enchantée de le voirsi bien portant, et combien elle s’est sentie flattée de savisite à Windsor ou dans quelque autre château dont j’aioublié le nom. Oui, le grand Kalkbrenner est revenu sainet sauf à sa résidence de Paris, où il a retrouvé égalementen bonne santé tous ses admirateurs, ses magnifiquespiano-forte qu’il fabrique de compagnie avec M. Pleyel,ses nombreux élèves qui se composent de tous les artistesauxquels il a parlé seulement une fois dans sa vie, etenfin sa collection de tableaux dont il prétend qu’aucunprince ne pourrait la payer. Il va sans dire qu’il a aussiretrouvé ici ce petit garçon de huit ans qu’il appellemonsieur son fils, et à qui il accorde encore plus detalent musical qu’à lui-même, le déclarant supérieur àMozart. Ce petit bonhomme lymphatique et maladi-vement bt. ursoullué, qui dans tous les cas dépasse
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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