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ŒUVRES DE HENRI REINE.
tuose croyait déjà qu’on allait dételer les chevaux de savoiture pour se mettre à leur place, il s’attendait déjà àdes couronnes de fleurs et à des promenades aux flam-beaux, lorsqu’il reçut une volée tout inattendue decoups de bâton d’honneur, surprise véritablementScandinave.
Les matadors de la saison étaient cette année MM. Si-vori et Dreyschock. Le premier est violoniste, et déjàcomme tel je le place an-dessus de ce dernier, le terriblejoueur de piano. Chez les violonistes en général, la qua-lité de virtuose n’est pas exclusivement le résultat d’unedextérité mécanique, d’un simple talent technique,comme chez les pianistes. Le violon est un instrumentqui a presque des caprices humains, et qui se trouve enquelque sorte en rapport sympathique avec la dispo-sition de l’artiste : le moindre malaise, le plus légertrouble de l’atne, un souflle de sentiment, rencontrelà un écho immédiat, dont la cause est sans doute ence que le violon, serré si étroitement contre notrecœur, en ressent aussi les battements. Pareille chose n’acependant lieu qu’avec des artistes qui portent réelle-ment dans leur poitrine un cœur sensible, qui ont en unmot une âme. Plus le violoniste est prosaïque et froid,plus son exécution sera toujours uniforme; il peutcompter sur la fidélité de son inslrument, à toute heure,en tout endroit. Mais cette assurance tant vantée ne re-pose que dans l’étroitesse de l’esprit, et ce sont juste-ment les plus grands maîtres dont le jeu dépendait sou-