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le sait, et Molé est le ministre selon le cœur de Louis-Philippe/Vous verrez que toutes les fois qu’on lui lais-sera l'alternative de choisir ou M. Guizot ou M. Thierspour premier ministre, Louis-Philippe répondra tou-jours avec regrets : « Laissez-moi prendre Molé. » Leroi me rappelle à cette occasion un petit garçon à quije voulais acheter un jouet. Lorsque je lui demandaice qu’il préférait d’un Chinois ou d’un Turc, le petitrépondit : « Je préfère un petit cheval de bois, peint enrouge, avec un sifflet dans le derrière.» — Si Louis-| Philippe dit: « Laissez-moi prendre Molé, » il ne fautj pas oublier que Molé c’est lui-même ; et comme aprèstout on fait toujours ce qu’il veut, ce ne serait point unmalheur que Molé redevînt ministre.
Mais ce ne serait pas non plus un bonheur, car lesystème royal continuerait comme auparavant à êtremis en action, et à quelque degré que nous estimionsles nobles intentions du roi, à quelque degré que nouslui supposions la meilleure volonté pour le bonheur dej la France, nous sommes néanmoins forcés d’avouerI que les moyens d’exécution qu’il choisit ne sont pasceux qu’il faudrait, que tout le système ne vaut pasune charge de poudre, pour ne pas dire qu’un seulj coup de fusil pourrait bien un jour le mettre en dés-arroi. Louis-Philippe veut gouverner la France par laChambre, et il s’imagine avoir tout gagné quand, pardes faveurs octroyées aux membres du parlement, il agagné pour tous les projets de loi du gouvernement la