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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
île la vertu civique. Je serais tenté de donner un conseilanalogue aux henriquinquistes, pour le cas impossiblequ’ils vinssent un jour de nouveau, par un malheur na-tional , par un châtiment de Dieu, en possession de lapuissance officielle; prenez alors Guizot pour ministre,et vous pourrez vous maintenir trois fois vingt-quatreheures de plus. Je ne crois pas médire de M. Guizot, enaffirmant qu’il n’aura pas besoin de violenter sa penséeintime, pour prêter à votre malheureuse cause l’appuide son éloquence et de son talent gouvernemental. Nelui êtes-vous donc pas aussi indifférents que ces épicierspour lesquels il déploie tant de luxe d’énergie et d’in-telligence , et aussi indifférents que le système du roiqu’il sert avec un sang-froid stoïque?
M. Molé se distingue de ses deux rivaux en ce qu’ilest d’abord l’homme d’Ëtat par excellence, dont lapersonnalité révèle déjà le patricien, et chez qui letalent de gouverner est une spécialité, peut-être mêmeune qualité innée ou contractée par l’éducation et lestraditions de famille. Chez lui il n’y a nulle trace d’al-lures bourgeoises, comme chez M. Thiers; il possèdeencore moins les aspérités d’un pédagogue, commeM. Guizot; et aux yeux de l’aristocratie des cours étran-gères , il compense sans doute par son talent de repré-sentation extérieure et par sa facilité diplomatique, legénie que nous trouvons chez MM. Thiers et Guizot. Iln’a pas un autre système que celui du roi, il est trophomme de cour pour vouloir en avoir un autre, et le roi