Druckschrift 
Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
Entstehung
Seite
298
Einzelbild herunterladen
 

298

ŒCVHES DE HENRI HEINE.

à lun des trois, cest un point difficile à décider. Pourma part, je ne crois pas lun meilleur que lautre, et jesuis davis que chacun deux fera toujours comme mi-nistre la même chose que lautre ferait sous les mêmesconditions. Le vrai ministre, dont la pensée se fait actepartout, qui gouverne aussi bien quil règne, cest le roi,Louis Philippe ; et les trois hommes dÉtat dont il estquestion se distinguent seulement par la manière dontils saccommodent à la prédomination de la penséeroyale.

M. Tliiers regimbe dabord assez brusquement, il faitlopposition la plus verbeuse, il trompette et tambourine,mais il finit par faire ce que le roi a voulu. Non-seulementses sentiments révolutionnaires, mais aussi ses convic-tions dhomme dÉtat sont en contradiction permanenteavec le système royal : il sent et sait que ce système doitchavirer à la longue, et je pourrais rapporter les expres-sions les plus surprenantes de Thiers sur linstabilité desinstitutions actuelles. Il connaît trop bien ses Françaiset trop bien lbistoire de la révolution française, pourpouvoir sabandonner entièrement au quiétisme du partivictorieux de la bourgeoisie, et pour croire à la muse-lière quil a attachée lui-même au monstre à mille têtes;son oreille fine entend les grognements lointains ousouterrains, il a même peur dêtre déchiré un jour parle monstre déchaîné et pourtant il fait ce que veutle roi.

Il en est autrement de M. Guizot. Pour lui la victoire