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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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2.')i

plus tard dans cette philosophie matérialiste qui, enFrance, fut portée par Condillac à la domination. Con-dillac nosa pas formuler les dernières conséquences decette philosophie, et comme la plupart de ses disciples,il laissa toujours à lesprit un petit coin reculé danslempire universel de la matière. Mais Destutt de Tracyrefusa à lesprit aussi ce dernier refuge, et chose sin-gulière ! à la même époque chez nous, en Allemagne,lidéalisme fut élevé à son apogée et la matière niée, leprincipe matérialiste gravit en France son plus hautsommet, et on nia ici lesprit. Destutt de Tracy fut pourainsi dire le Fichte du matérialisme.

Cest une circonstance remarquable que Napoléon sesoit senti une antipathie si inquiète pour la coterie phi-losophique à laquelle appartenaient Tracy, Cabanis etconsorts, et quil ait traité ceux-ci très-durement. Il lesnommait des idéologues, et il éprouvait une craintevague et presque superstitieuse à lendroit de cette idéo-logie qui nétait cependant rien autre que le bouillon-nement écumant de la philosophie matérialiste; cettedernière avait à la vérité avancé le plus grand boulever-sement politique, et révélé les plus terribles forces dedestruction, mais sa mission était accomplie, et partantson influence terminée. Plus menaçante et plus dange-reuse était la doctrine opposée qui surgit inaperçue enAllemagne et qui plus tard contribua tant au renverse-ment de la domination française. Cest une chose dignede remarque quaussi à çet égard Napoléon ne compre-