LUTÈCE.
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sant quelques réflexions qui me vinrent et me frap-pèrent vivement l’esprit, pendant que Mignet racontaitla belle vie de ce gentilhomme qui descendait de la plusaltière noblesse féodale et qui était dans sa jeunesse unbrave soldat, mais qui n’en embrassa pas moins avecl’abnégation la plus généreuse le parti du progrès, et luiresta fidèle jusqu’à son dernier souffle. Le même hommequi avait avec Lafayette, dans les années de 80, exposésa fortune et son sang pour le salut de la liberté, seretrouva avec son ancien ami le 29 juillet 1830 auxbarricades de Paris, animé des mêmes convictions ; sesyeux seuls étaient éteints, son cœur était resté lumineuxet jeune. La noblesse française a produit un nombreconsidérable, un nombre étonnant d’exemples pareils,et le peuple le sait bien, et les nobles qui ont fait preuved’un tel dévouement à ses intérêts, il les désigne par lenom de : les bons nobles. Une méfiance envers la no-blesse en général peut, il est vrai, dans des temps révo-lutionnaires, être reconnue comme salutaire, mais ellerestera toujours une injustice. Sous ce rapport, unegrande leçon nous est offerte par la vie d’un Tracy, d’unLa Rochefoucauld, d’un d’Argenson, d’un Lafayette etd'autres bons nobles qui devinrent les champions desdroits de l’homme, et jetèrent, en preux chevaliers qu’ilsétaient, leur gantelet de défi à la face de tous les op-presseurs du peuple.
Droit, inflexible et tranchant, comme autrefois songlaive, fut l’esprit de Destutt de Tracy lorsqu’il se jeta
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