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artistiques du grand siècle de Louis XIV. Le ballet fran-çais est sous ce rapport un pendant analogue des tra-gédies de Racine et des jardins de Le Nôtre. Il y régnaen outre la même coupe régulière, la même mesured’étiquette, la même froideur de cour, la même pru-derie précieuse, la même chasteté. En vérité, la formeet l’essence du ballet français sont chastes, mais lesyeux des danseuses font aux pas les plus pudiques leplus licencieux commentaire, et leur sourire indécentet libertin est en contradiction permanente arec leurspieds. Nous remarquons tout le contraire dans les dansesdites nationales, et je les préfère mille fois aux balletsdu grand Opéra. Les danses nationales sont souventtrop sensuelles, presque lubriques dans leurs formes,par exemple, les danses indiennes; mais la sainte gra-vité sur les figures des danseurs moralise ces danses etles élève même à la hauteur d’un service divin, d’unacte religieux. Le grand Vestris a un jour prononcé uneparole dont on a beaucoup ri. De ce ton pathétique quiallait si bien à sa mine importante, il disait à un de sesdisciples : « Un grand danseur doit être vertueux. »Chose singulière ! le grand Vestris repose déjà depuisquarante ans dans la tombe (il n’avait pu survivre aumalheur de la maison de Bourbon avec laquelle lafamille des Vestris avait toujours été très-liée), et seu-lement l’année dernière, lorsque j’assistais à une séancede la Chambre des députés, où parlait M. Guizot, le tonsonore de l’orateur me fit rêvasser, et Dieu sait com-