l'obscurité modeste d’une arrière-boutique de la rueSaint-Denis.
XXXVIII
Paris, 28 décembre 184t.
Je n’attends aucun résultat satisfaisant de la Chambrades députés qui vient d’ouvrir ses assises. Nous n’y ver-rons que des luttes mesquines, des disputes person-nelles, de l’impuissance brillante, et peut-être même àla fin une stagnation complète. En effet, une Chambre abesoin de renfermer dans son sein différents partis com-pactes , sans quoi toute la machine parlementaire estincapable de fonctionner. Quand chaque député met enavant une opinion particulière, différente et isolée, iln’en peut jamais résulter un vote de nature à être re-gardé au moins en quelque sorte comme l’expressiond’une volonté commune, et pourtant la condition essen-tielle du système représentatif c’est qu’une pareillevolonté commune arrive à se manifester. De même quetoute la société française, de même la Chambre s’estdécomposée en tant de fractions et de parcelles, qu’onne voit plus deux personnes ici qui s’accordent entière-ment dans leurs vues. Quand je considère sous ce rap-port les Français d’aujourd’hui, je me rappelle lesparoles de notre spirituel Adam Gurowski qui refusaitaux Allemands toute capacité d’action, vu que surdouze Allemands il y avait toujours vingt-quatre partis :