2!0
ŒUVRES U F, Il K Mil II FI MI.
dont la parole sévère réveille, parfois peut-être à contre-temps, lorsque nous sommes assis justement au plusjoyeux banquet, la pensée des périls imminents suspen-dus sur nos tètes. Ils en veulent tous au pauvre maîtred’école Guizot. Même la plupart des soi-disant conser-vateurs sentent de l’éloignement pour lui, et frappés decécité, comme ils sont, ils s’imaginent pouvoir remplacerGuizot par un homme dont le visage serein et le langageavenant sont bien moins de nature à les tourmenter et àles terrifier. O fous conservateurs ! qui n’êtes capablesde rien conserver, hors votre propre folie, vous devriezconserver Guizot comme la prunelle de vos yeux; vousdevriez chasser les mouches de son front, les mouche-rons radicaux aussi bien que les cousins légitimistes,afin de- lui conserver sa bonne humeur; vous devriezaussi parfois lui envoyer des bouquets de fleurs à l’hôteldes Capucines, des fleurs réjouissantes, des roses et desviolettes, au lieu de le dégoîiter de ce logis, et de l’enfaire déguerpir par vos vexations continuelles et vosintrigues. A votre place, je craindrais toujours que levieux pédagogue ne vînt à s’échapper tout à coup destourments dorés de son palais de ministre, et à se sauverde nouveau dans son modeste et paisible cabinet d’é-tudes de la rue Ville-l’Hvèque, où il vivait autrefoisheureux comme le pasteur d’une idylle au milieu deses bouquins reliés en mouton ou en veau.
Mais Guizot est-il réellement l’homme capable dedétourner les désastres prêts à fondre sur nous? Il réunit