LUTÈCE.
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tient là à ses côtés. Les figures de ce public sont si sé-rieuses, si souffrantes et si laides, si impatientes et simenaçantes, qu’elles forment un contraste sinistre avecles objets qu’elles contemplent la bouche béante. Cecontraste est si terrible que parfois la peur nous prendde voir ces hommes lever tout à coup leurs poings cris-pés, pour fracasser tous ces jouets bariolés et étincelantsdu monde comme il faut, et pour briser pitoyablementet sans merci ce monde comme il faut lui-même! Unflâneur ordinaire, qui n’est pas grand politique et ne sesoucie guère de la nuance Dufaure ou Passy, mais d'au-tant plus de la mine du peuple dans les rues, un flâneurfle.ee genre ne peut se défendre de la conviction certaineque le jour n’est pas éloigné où toute la comédie bour-geoise en France, avec ses héros et comparses de lascène parlementaire, prendra une fin terrible au milieudes sifflements et des huées, et qu’on jouera ensuite unépilogue intitulé le Règne des communistes ! 11 est vraique cet épilogue ne pourra pas durer longtemps ; maisil émouvra et purifiera d’autant plus puissamment lescœurs, comme doit le faire toute véritable tragédie.
Les derniers procès politiques pourraient dessiller les. yeux à bien des personnes, mais l’aveuglement est tropagréable. Aussi personne ne veut-il se voir rappeler lesdangers du lendemain, dont l’idée lui gâterait la doucejouissance du présent. C’est pourquoi tout le monde estmécontent de l’homme dont l’œil perçant plonge le plusprofondément dans les nuits horribles de l’avenir, et
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