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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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iimiCR.

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XXXV

Paris, 22 mai 1811.

Les Anglais à Paris font des mines très-inquiètes.« Cela va mal, cela va mal ! >3 se chucliotent-ils, ouplutôt se sifflent-ils lun à lautre avec angoisse, quandils se rencontrent chez Galignani. Il y a apparence eneffet que lÉtat britannique entier chancelle et menaceruine, mais il y a seulement apparence. Cet État res-semble à la tour de Pise : sa position oblique nouseffraie, quand nous la regardons, et le voyageur hâte lepas en traversant la piazza de la cathédrale, dans lacrainte de voir la grande tour lui tomber subitement surla tête. Lorsque, du temps de Canning, je me trouvais àLondres et que jassistais aux meetings tumultueux duradicalisme, je croyais que tout lédificfe gouvernementalcroulerait incontinent. Quelques-uns de mes amis, quivisitèrent lAngleterre pendant lagitation du bill de laréforme, y furent saisis de la même peur. Dautres quiassistèrent au spectacle des menées dOConnel et duvacarme de lémancipation catholique, ressentirent uneappréhension semblable. Aujourdhui ce sont les loisdes céréales qui causent une tempête si menaçante pourlexistence de la Grande-Bretagne; mais ne craignezrien, ô fils dAlbion ! rappelez-vous ces mots de la farce :a Bien que cela craque, cela ne rompra pas, et bien quecela doive rompre, cela ne rompra pas avec toi ! »