sur ce roi des poëtes du Nord, je ne sus mieux exposerle charme de ses comédies fantastiques qu’cn transcri-vant le commentaire du puritain Guizot.
Chose étrange! le ministère belliqueux du 1 er mars,qui fut tant décrié et vilipendé au delà du Rhin, se com-posait, pour la plus grande partie, d’hommes qui véné-raient et aimaient l’Allemagne avec l’ardeur la plusfidèle. A côté de Victor Cousin, qui avait compris qu’ontrouve chez Emmanuel Kant la meilleure critique de laraison pure et chez Marquis le meilleur chocolat, à côtéde lui siégeait alors dans le conseil des ministres M. deRémusat, qui rendait aussi hommage au génie germa-nique, et qui lui avait voué des études spéciales! Déjàdans sa jeunesse il traduisit plusieurs poésies drama-tiques allemandes, qu’il fit imprimer dans le Théâtreétranger. Cet homme d’État et de lettres est aussi spiri-tuel que sincère, il connaît à fond le génie du peupleallemand, et je suis convaincu qu’il a de la magnificencede ce génie une plus haute idée que tous les compo-siteurs qui ont beuglé la chanson du Rhin libre deDecker, et peut-être même que le grand Niklas Deckeren personne ! — Ce qui nous charma surtout en M. deRémusat dans le dernier temps, c’est la manière francheet loyale dont il a défendu, contre des insinuations ca-lomnieuses, la bonne réputation de son noble frèred’armes, le chef du cabinet du 1 er mars.