LUTECE.
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viens de nommer, fait une honorable exception et porteun caractère de fraîcheur et de force. Dans cette sectionrègne un esprit élevé, tandis que l’organisation et l’es-prit général de l’Institut royal sont très-mesquins. Unhomme spirituel fil remarquer avec beaucoup de jus-tesse, que cette fois la partie était plus grande que letout. Dans l’assemblée de samedi dernier respirait uneanimation toute juvénile. M. Cousin qui présidait, parlaavec ce feu courageux qui parfois ne réchauffe pasbeaucoup, mais qui brille toujours; et surtout Mignet,qui avait à célébrer la mémoire de feu Merlin de Douai,l’illustre jurisconsulte et membre de la Convention,prononça un discours aussi beau et fleuri qu’il l’est lui-même. Les dames qui assistent toujours en grand nom-bre aux séances de la section des sciences morales etpolitiques, quand le beau secrétaire perpétuel y doitparler, viennent peut-être en cet endroit plutôt pour-voir que pour entendre; et comme beaucoup d’entreelles sont fort jolies, leur aspect cause parfois quelquedistraction dans l’auditoire. Quant à moi, le sujet dudiscours de Mignet m’attacha cette fois tout exclusive-ment, car le célèbre historien de la Révolution parla denouveau d’un des chefs les plus distingués du grandmouvement qui transforme la vie sociale des Français,et chacune de ses paroles était le résultat de recherchesintéressantes. Oui, c’était ki voix de l’historien, du véri-table conservateur des archives de Clio, et il semblaittenir dans ses mains ces tablettes éternelles, sur les-
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