Druckschrift 
Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
Entstehung
Seite
173
Einzelbild herunterladen
 

1 UTÎÏCE.

il 3

sont on effet les traditions du comité du salut public quioccupent la pensée de ces gens, tandis que les mes-sieurs du National ont plutôt devant lesprit les tradi-tions de lempire. Je viens de dire les messieurs duNational , car cest le sobriquet dont les honorent leursantagonistes qui sintitulent citoyens. Dans le fond, lesdeux fractions sont également terroristes, seulementles messieurs aimeraient mieux opérer par le canon,les citoyens par la guillotine. Il est facile de comprendreque les premiers aient conçu une grande sympathiepour un projet de loi, en vertu duquel la Révolution,dans un temps difficile, pourrait revêtir un caractèrepurement militaire, de sorte que le canon serait en étatde dicter la loi à la guillotine ! Voilà comment je mex-plique le zèle, autrement inexplicable, que le National adéployé à lappui des fortifications de Paris.

Chose singulière! cette fois le National, le roi etThiers se réunirent dans le désir le plus ardent pour lemême objet. Et cependant cette réunion est très-natu-relle. Ne calomnions aucun des trois par la suppositiondarrière-pensées dintérêt personnel ! Quelques propen-sions individuelles qui soient ici en jeu, tous les troisnen ont pas moins agi avant tout dans lintérêt de laFrance, Louis-Philippe aussi bien que Thiers et lesmessieurs du National. Mais, comme je lai dit, despropensions personnelles étaient en jeu. Louis-Philippe,lennemi déclaré de la guerre, de la destruction,-est unamateur de construction tout aussi passionné, il aime

10.