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ŒUVRES DE HENRI 1IEINE.
rasser avec le temps, comme on le fit en juillet 1830,où l’idée dont nous parlons, l’idée de la révolution, futde nouveau installée à Paris. C’est la puissance de cetteidée qui ferait tête à une troisième invasion, et profitantdes leçons amères de l’expérience, la Révolution elle-même ne dédaigne pas maintenant de se protéger aussipar des remparts matériels.
Ici nous rencontrons la dissidence qui règne actuel-lement parmi les hommes du parti radical au sujet desfortifications de Paris, et qui provoque les débats lesplus passionnés. On sait que la fraction républicainereprésentée par le National a défendu le plus active-ment le projet de loi concernant les fortifications. Uneautre fraction, que je serais tenté d’appeler la gauchedes républicains, s’élève contre ce projet avec la colèrela plus violente; et comme elle ne possède dans lapresse qu’un petit nombre d’organes, la lîevue du Pro-grès est jusqu’à présent le seul journal où elle ait pu seprononcer. Les articles qu’on y trouve sont sortis de laplume de Louis Blanc. A ce que l’on me dit, M. Aragos’occupe aussi d’un écrit sur le même sujet. Ces répu-blicains repoussent la pensée que la Révolution ait àrecourir à des boulevards de pierres et de briques, ils yvoient un affaissement des moyens moraux de défense,un relâchement de l’ancienne énergie magique de lavolonté, et ils aimeraient mieux décréter la victoire,comme la Convention de puissante mémoire, que deprendre des mesures de garantie contre la défaite. Ce