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ŒUVRES RE HENRI HEINE.
au point de former ce nœud inextricable qui doit à lafin, comme l’antique nœud gordien, être tranché par leglaive. Le ciel me préserve de vouloir faire par ces motsun reproche au grand peuple allemand ! Ne sais-je pasque ce regrettable état de choses provient d’une vertuqui manque aux Français? Plus un peuple est ignorant,plus il se précipite aisément dans le courant de l’action;plus il est savant et réfléchi, au contraire, plus il sondelongtemps le flot qu’il passe au gué à pas prudents, s’ilne s’arrête pas tout à fait au bord, hésitant à cause desbas-fonds qu’il pourrait rencontrer, ou à cause de l’hu-midité malsaine qui serait capable de lui causer undangereux rhume national. Au bout du compte, peuimporte que nous ne progressions de la sorte que lente-ment, ou que nous perdions même par nos temps d’arrêtquelques petits siècles, car l’avenir appartient au peupleallemand, et un avenir très-long et de grande impor-tance. Les Français agissent si vite et profitent dutemps présent avec tant de précipitation, parce qu’ilspressentent peut-être que le crépuscule du soir ap-proche pour eux : ils accomplissent en hâte la tâche deleur journée. Mais leur rôle est toujours assez beau, etles autres peuples ne forment que l’honorable publicqui assiste en spectateur à la comédie d’État jouée parle peuple français. Parfois, il est vrai, ce public éprouvela tentation de manifester un peu haut son approbationou son blâme, ou bien même de monter sur la scène etde jouer un rôle dans la pièce; mais les Français, les