XXVI
Paris, 12 novembre 1840 .
La naissance du duc de Chartres est un appendice dudiscours de la couronne, a Pitié, cet enfantelet nu, » —dit Shakspeare. Et pour comble, l’enfantelet est unprince du sang, et partant destiné .à subir les plus tristesépreuves, sinon même à porter sur sa tête la royalecouronne de martyr ! Donnez-lui une nourrice allemandepour qu’il suce le lait de la patience. L’intelligent enfanta compris tout de suite sa situation, et commencé d’abordà pleurer. D’ailleurs on le dit très-ressemblant à songrand-père. Ce dernier ne se connaît pas de joie. Nousne lui envions point cette consolation, ce baume ducœur; combien n’a-t-il pas souffert dans les dernierstemps! Louis-Philippe est le plus excellent père defamille, et justement ses soins exagérés du bonheur dessiens l’ont tant de fois mis en collision avec les intérêtsnationaux des Français. Justement parce qu’il a desenfants et qu’il les aime, il nourrit aussi la tendresse laplus prononcée pour la paix. Les princes guerriers sontd’ordinaire sans enfants. La sensibilité pour la vie defamille et le bonheur domestique, qui prédomine enLouis-Philippe, est certainement honorable, et en toutcas cet exemple souverain exerce sur les mœurs l’in—fluence la plus salutaire. Le roi est vertueux dans le