avec les ficelles, ou s’il leur venait même à l’idée dedonner la reprise de la v ieille pièce, la république. Maiscette fois, comme je l’ai déjà dit quelque part, ce fut laroyauté elle-même qui joua le rôle de Junius Brutus,pour duper les républicains, et Louis-Philippe eut assezde finesse pour prendre le masque de la simplicité laplus moutonnière, pour se promener comme un honnêteépicier à travers les rues de Paris avec son grand para-pluie sentimental sous le bras, et pour serrer à droite età gauche les mains mal lavées des citoyens Créti etPléti, en souriant toujours et en semblant toujours fortému. Il jouait alors en effet un curieux rôle, et lorsqueje vins à Paris peu de temps après la révolution deJuillet, j’eus encore souvent l’occasion d’en rire. Je mesouviens très-bien de m’être rendu en hâte, aussitôt aprèsmon arrivée, au Palais-Royal pour voir Louis-Philippe.L’ami qui m’y conduisit me raconta que le roi ne parais-sait plus qu’à de certaines heures sur la terrasse, maisqu’auparavant, et jusque dans les dernières semaines, onavait pu le voir à toute heure, au prix de cinq francs.«Au prix de cinq francs! m’écriai-je tout étonné; est-ildonc si bourgeoisement économe qu’il se montre pourde l’argent? —Non, mais on le montre pour de l’argent,et voici comment la chose se passe : il y a une société declaqueurs, de marchands de contre-marques, et d’autresgens de même farine, qui offrent à chaque étranger delui montrer le roi pour cinq francs; ils vous proposentmême que, si l’on voulait leur donner dix francs, on le
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