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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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OSCVKES DE HENKI HEINE.

monde connaît, et déjà, à cette occasion, M. Berryersomontra dans tout son éclat comme avocat de la falsifi-cation. Nous qui ne sommes ni légitimiste ni républicain,nous ne croyons qu’au talent de M. Berryer, à son or-gane sonore, à son enthousiasme pour les beaux-arts,pour les lettres, pour la musique, enfin pour tous lesnobles jeux de l’esprit et du hasard; — mais il ne nousfera pas croire aux anecdotes qu’il fait avaler à des gobe-mouches républicains.

Quant à Louis-Philippe, nous avons assez souventexprimé dans ces feuilles notre opinion à son égard. Ilest un grand roi, bien qu’il ressemble plus à Ulysse qu’àAjax, ce furieux héros qui succomba d’une manièrebien lamentable dans sa lutte avec l’inventif et calmefavori de Minerve. Mais Louis-Philippe n’a pas escamotécomme un coquin la couronne de France, il devint roipar la nécessité la plus amère, je dirais presque parladisgrâce plutôt que par la grâce de Dieu, qui lui posacette couronne d’épines sur la tète, dans un momentfatal et plein de terreur. Il a, à la vérité, joué tant soitpeu la comédie, il n’a pas eu les intentions les plussincères envers ses commettants, les héros de juillet,qui l’élevèrent sur le pavois; — mais ces derniers,avaient-ils des intentions tout à fait sincères envers lui,le duc d’Orléans? Ils le regardaient comme un simplepantin, et ils le placèrent sur le fauteuil rouge, dans laterme croyance de pouvoir sans grand’peine le rejeteren bas, s’il ne se laissait pas assez souplement manier