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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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comme doctrinaire, tu sauras patiemment supporter toninfortune et ton humiliation diplomatique, et depuisque nous pouvons de bon cœur rire sur ton compte,nous sentons aussi notre cœur souvrir pour toi. Tu esde nouveau notre bon vieux maître décole, et nousnous réjouissons de voir que léclat mondain ne ta pasravi ta naïveté pieuse et magistrale, que tu as été nar-gué, berné et turlupiné, mais que tu es resté honnêtehomme! Nous nous prenons à taimer; seulement nousne voudrions plus te confier le poste dambassadeur àLondres ; il faut pour ces fonctions un matois à regarddaigle, qui sache percer à temps les artifices de la traî-tresse Albion, ou bien quelque gars rude et tout à faitillettré, qui ne nourrisse aucune savante sympathie pourla forme du gouvernement britannique, qui ne sachepoint faire de speeches en langue anglaise, mais qui ré-ponde rondement en français, quand on veut le menerpar le nez avec des propos équivoques. Je conseille auxFrançais denvoyer comme ambassadeur à Londres lepremier grenadier venu de la vieille garde, et de lui ad-joindre au besoin M. Vidocq, comme véritable et intimesecrétaire de légation.

Mais les Anglais sont-ils réellement de si fines têtesen politique ? En quoi consiste leur supériorité sur ceterrain? Je crois quelle consiste en ce quils sont descréatures archi-prosaïques, quaucune illusion poétiquene peut les induire en erreur, quaveugles pour tout mi-rage idéal, ils fixent toujours leurs yeux à nu sur le-