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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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Sur les théâtres du boulevard , on représente mainte-nant lhistoire de Burger, le poète allemand;, nous levoyons assis au clair de lune , composant sa Lénore etchantant : « Hurrah ! les morts vont vitemon amour,crains-tu les morts? » Cest, ma foi, un bon refrain, etnous sommes tenté de le placer en tête de notre corres-pondance daujourdhui. Pauvre ministère du 1 er mars!De loin savance vers nous, à pas mesurés et de plus enplus menaçants, le corps du géant de Sainte-Hélène, etdans quelques jours, ici, à Paris même, les tombeauxsouvriront aussi, et les squelettes mécontents des hérosde Juillet en sortiront pour marcher vers la place de laBastille, qui est toujours hantée par les spectres delan 89... « Les morts vont vite mon amour, crains-tules morts? »

Vraiment, nous sommes très-inquiétés par lapprochedes journées de Juillet, qui seront célébrées cette annéeavec une pompe toute particulière, mais, comme onpense, pour la dernière fois ; le gouvernement ne peutpas, chaque année, se charger dun pareil fardeau deterreurs. Lagitation sera ces jours-ci dautant plusgrande, que les nouvelles qui nous arrivent dEspagnefont résonner à nos oreilles des accents impétueuse<-ment sympathiques, surtout les saisissants détails du

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